Ménandre

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Les papyrus Bodmer IV, XXV, XXVI, trois comédies de Ménandre, constituent en fait le contenu d’un seul « codex » (dans ce cas, un seul cahier de papyrus), le « codex Bodmer de Ménandre ». On le date  du 3ème siècle de notre ère. Il constitue à ce titre, et tout d’abord, un précieux témoignage du succès de ce poète comique athénien près d’un demi-millénaire après sa disparition. Cependant, la célébrité du document tient avant tout au fait qu’il comporte l’unique pièce intégrale de Ménandre connue à ce jour, le « Dyscolos » (« bourru », « pénible »), pièce qui avait également pour titre « Le Misanthrope ». Jusqu’à la publication de cette comédie (1958) il ne restait de Ménandre que des citations de quelques vers, peu à peu rejointes, dès le 19ème siècle, par des témoignages papyrologiques plus étendus mais fragmentaires.

On commencera par un survol de l’époque et du milieu dans lequel on peut penser que le codex Bodmer de Ménandre fut copié (ce sera l’occasion de rappeler la manière dont le livre en forme de  « volumen » s’est vu progressivement remplacé par le livre en forme de « codex »). La suite comportera une description détaillée du codex Bodmer de Ménandre  (type d’écriture, spécificités de la copie notamment). Enfin, il conviendra d’évoquer l’étrange éclipse de Ménandre durant des siècles et le rôle de premier plan que le codex Bodmer de Ménandre a joué et joue encore dans les progrès de notre connaissance de ce grand auteur, qu’on a placé au point de départ du théâtre comique européen, et de notre connaissance du théâtre antique en général.

Légende de l’illustration:

Recto du feuillet n°10 du codex Bodmer de Ménandre (numéro de la pagination: 19). Il s’agit de la page de garde du « Dyscolos ». Elle présente successivement un résumé de la pièce (attribué à Aristophane de Byzance), une « didascalie » (date de la représentation à la fête des Lénéennes, prix remporté, nom de l’acteur principal, titre alternatif) et la liste des personnages.